Chapitre 2. ~~
Ayumi ne fit aucun commentaire sur la dernière remarque que ce dernier lui avait faite. La moto s'arrêta devant un restaurant, petit, certes, mais qui avait l'air convivial. Les deux jeunes gens entrèrent et un homme de petite taille vint les accueillir.
- Une table pour deux personnes ? leur demanda t-il.
- Non vous voyez bien qu'on est deux mille, deux tables de mille..., répondit lassement Onizuka.
- Monsieur est très drôle ! Où sont vos amis ? le questionna encore le serveur.
- Roh laissez tomber.
Ayumi ne put s'empêcher d'esquisser un sourire et son 'Great Teacher' l'emmena dans le fond de la salle où se trouvait une table libre. Ils prirent place et commandèrent chacun quelques sushis qui arrivèrent quelques instants plus tard.
- Vous faites souvent ce genre de remarques aux personnes que vous croisez ? interrogea Ayumi.
- Non mais que veux-tu, de nos jours faut tout faire soi-même.
- Si vous le dites...
- Alors, parle moi un peu de toi.
- Vous savez, je n'ai pas grand chose à vous raconter.
- J'ai entendu dire que tu avais de nombreuses difficultés, est-ce vrai ?
- Oui.
- Tu n'as jamais songé à prendre des cours particuliers ?
- A quoi bon prendre des cours particuliers si les profs sont tous des sales connards invétérés ?
- Tu sais, ce ne sont pas tous des sales connards invétérés comme tu dis...
- J'm'en fiche.
- On dirait que j'ai affaire à un tempérament de feu... Bon, je ferais avec... Sinon, tu n'aurais pas de l'admiration pour quelqu'un du lycée ?
- De l'admiration ?
De l'admiration ? Comment peut-on admirer des individus qui vous persécutent ?
- C'est vrai... Etant donné que je suis ton professeur, j'aimerais contacter tes parents, leur parler de quelques petits trucs...
- Vous plaisantez ? Je vous déconseille de leur en toucher un mot.
- Comme tu voudras mais sache que je ne serais pas toujours là pour t'aider.
- Je ne vous ai jamais rien demandé alors ça m'est égal ! Je... Excusez-moi, depuis tout à l'heure je vous envoie balader alors que je devrais plutôt vous être reconnaissante.
- Ce n'est rien... C'était quoi ça ?
- De ?
- Je ne sais pas, j'ai cru voir un flash.
- Mais non il n'y a eu aucun flash. Dites, vous ne pensez pas que si les élèves répandent des rumeurs sur vous et moi, ça pourrait nuire à votre carrière ?
- As-tu déjà oublié mon nom ? Je suis...
- ... Eikichi Onizuka,
le Great Teacher de vingt-deux ans, célibataire et libre comme l'air ainsi que puceau comme un blaireau, s'exclama t-elle en riant.
- Non ! Euh... Bref, c'est indiscret. Je suis Eikichi Onizuka et je ne me laisserai pas marcher sur les pieds par des vermines de leur espèce.
Un nouveau sourire vint s'afficher sur le visage de la jeune fille qui resta encore quelques heures avec son professeur à discuter d'un peu n'importe quoi. Minuit passé, elle dut prendre congé et rentra chez elle après avoir remercié Eikichi qui l'avait invité au restaurant, mais qui n'avait rien payé puisqu'ils étaient sortis très discrètement.
La nuit passa et ce fut de nouveau le moment de retourner en cours. Pour une fois, personne ne lança d'insulte à l'attention d'Ayumi. "C'est bizarre..." pensa t-elle, mais en réalité, tout le lycée se trouvait devant le panneau d'affichage à l'entrée.
- Alors eux ils ne perdent pas de temps ! s'exclama une fille.
- Ça tu l'as dit ! Je n'imagine pas le scandale que ça va faire ! ajouta une autre.
- Eikichi Onizuka, vingt-deux ans, casé et renvoyé. Ouais, ça fait un bon titre pour mon article ça.
Le jeune homme qui avait parlé était brun, portait des lunettes, il était également passionné d'informatique et se prénommait Kikuchi. S'il y avait bien quelqu'un qui n'avait jamais fourré son nez dans les affaires d'Ayumi, c'était bien lui. Enfin, jusqu'à ce jour... Ayumi qui entendait les élèves glousser décida de se précipiter vers le tableau d'affichage où elle y vit trois photos d'elle mangeant avec Onizuka la veille au soir.
- Et moi tu ne m'invites pas à manger ? demanda une certaine Yoko d'un ton provoquant.
Ayumi lui jeta un regard menaçant avant de s'avancer vers elle et de lui cracher au visage puis de rentrer dans le lycée. Elle semblait alarmée et cherchait Onizuka dans tous les couloirs. Ce fut sur le toit qu'elle le trouva adossé contre le rebord et fumant une cigarette.
- Qu'est-ce qui t'amène ma petite Ayumi ?
- Vous vous rappelez hier quand vous m'avez dit que vous aviez vu un flash ? Allez voir en bas, il y a des photos de nous.
- Je sais.
- Qu... Quoi ? Et qu'allez vous faire ?
- Rien du tout. Laisse les parler, quand ils en auront marre, ils cesseront leurs pitreries.
- Ça m'étonnerait. Ici, ils ne sont pas du genre à abandonner facilement.
- Et alors ? Ce n'est pas grave je te dis. Au fait, je t'ai vu cracher à la figure de cette fille... Ça mérite un dix-huit sur vingt, bien casé entre les deux yeux. Mais la prochaine fois, essaie de viser les yeux.
- Vous me mettez une note pour ça ?
- Je mets des notes comme bon me semble. A tout à l'heure.
Ce dernier posa son mégot au sol qu'il écrasa de son pied avant de descendre du toit. Ayumi resta sur le toit et n'en redescendit qu'une fois que la sonnerie ait retenti. Une fois dans la salle de cours, elle se contenta d'aller s'asseoir à sa place et de regarder par la fenêtre. "Tout est si beau dehors... Quand pourrais-je m'enfuir ?" songea t-elle. Pas maintenant en tout cas. La pauvre fille était condamnée à vivre un calvaire pendant toutes ses prochaines années au lycée. Le professeur Onizuka entra enfin, mais contrairement à ce que pensait Ayumi, il était resté calme. Il avait l'air sûr de lui et ça plaisait à la lycéenne, bien qu'elle était un peu inquiète. L'homme aux cheveux décolorés parla ainsi :
- Si je demande qui a pris les photos qui se trouvent dans l'entrée, je suis persuadé que personne ne se dénoncera bien que j'aie ma petite idée mais Eikichi Onizuka ne se permettrait pas d'accuser sans preuves. C'est pour cela que pour demain, vous me ferez tous une jolie dissertation de huit pages complètes, je dis bien huit, pas sept, pas neuf, avec pour sujet la question "Pourquoi persécutons-nous les nouveaux élèves ?".
- Huit pages ?! se pleignit Yoko.
- Tu veux m'en faire le double peut être ?
- Nan c'est bon.
Au même moment, le sous-directeur entra et prit la parole :
- Nous règlerons le problème entre vous et votre élève plus tard, voulez-vous ? Quant à vous chers élèves, je vous demanderais de ne pas persécuter notre nouvelle arrivante comme vous l'avez si bêtement fait à Mademoiselle Kawasaki.
- Tu paries que dans deux jours on ne voit plus sa sale tronche à ce con de prof ? murmura un élève à son voisin.
- Ouais, grâce à nous ! Ensuite on s'occupe d'Ayumi.
- Il y a une nouvelle élève ? demanda Kikuchi.
- C'est ce que je viens de dire. A l'avenir, évitez de parler pour ne rien dire d'intéressant. Elle se nomme donc Urumi Hayabusa. Mademoiselle Hayabusa, veuillez entrer.
Ce qu'elle fit timidement. Celle-ci jeta un bref regard à ses nouveaux camarades avant de le poser sur Ayumi qui elle, ne semblait pas l'avoir entendue entrer vu qu'elle observait toujours l'extérieur par la vitre.
- Euh, bien, reprit Onizuka. Va t'asseoir.
- Où ? bredouilla t-elle.
- Devant Ayumi.
Ayumi la vit cette fois s'asseoir devant elle.
- Bon, moi je vais m'occuper de ma Cresta. Ce soir on s'occupe de votre problème.
Le sous-directeur partit, laissant un brouhaha s'installer.
4o COM AVANT LA SUITE.